Le 11 juin 2026, commence la 23ᵉ Coupe du monde de football de l’histoire, dans un format inédit : 48 équipes au lieu de 32. Les stades s’apprêtent à vibrer, les supporters à affluer, et les médias à couvrir l’événement sous les angles sportifs mais aussi géopolitiques avec la présidence Trump.

Contrairement aux idées reçues, Trump ne s’est pas désintéressé de l’organisation de la Coupe du monde. Bien que la candidature conjointe des États-Unis, du Canada et du Mexique ait été déposée sous le mandat de Joe Biden, le président américain a multiplié les réunions avec ses homologues canadien et mexicain. Il a personnellement supervisé certaines décisions logistiques, poussé des choix de sécurité et influencé la communication officielle. Son emprise sur la compétition est palpable et volontaire. Là où l’on aurait pu s’attendre à un rôle discret d’hôte, Trump s’est imposé comme un acteur central, presque comme s’il voulait faire de cette Coupe du monde une vitrine de son mandat.
Le tirage au sort des poules, le 5 décembre 2025, s’est transformé en une véritable cérémonie d’hommage au président américain, bien plus qu’un événement purement sportif. Entre discours élogieux, apparitions scénarisées et références répétées à la « grandeur des États-Unis », on aurait cru assister à un meeting politique plutôt qu’à un tirage sportif. Les journalistes présents ont souligné l’ambiance protocolaire qui régnait sur place. Le football, ici, semblait secondaire : ce qui comptait, c’était le président.
Bien avant l’opération « Fureur épique » en Iran, Trump s’est vu remettre le nouveau Prix de la paix de la FIFA. Créé presque à sa demande par son « ami » Gianni Infantino, ce prix visait à pallier l’absence du Prix Nobel de la paix, malgré les espoirs répétés du président. La cérémonie de remise a été fortement critiquée, tant la mise en scène était appuyée, les discours flatteurs, et le contexte politiquement chargé. Pour beaucoup, ce prix ressemble moins à une reconnaissance méritée qu’à un hommage commandité, une façon de combler un vide symbolique laissé par le Nobel.
Fin 2025, près de 36 pays ont subi des restrictions d’entrée aux États-Unis. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, et d’autres nations africaines et arabes se sont vus suspendre leurs accès aux visas temporaires de tourisme, pourtant indispensables pour assister à la Coupe du monde. L’administration américaine invoque officiellement la « protection de la sécurité nationale », mais derrière se cache une volonté claire de « suspendre définitivement » l’immigration venant du « tiers-monde », comme l’explique Alexandre Lemarié, journaliste sportif, dans l’article du Monde du 19 décembre 2025, La coupe du monde 2026 s’éloigne pour les supporters du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.
Cette décision inquiète les fédérations nationales : sauf changement, de nombreux supporters ne pourront pas venir soutenir leur équipe. Le football, sport universel par excellence, se heurte ici à des barrières administratives et politiques qui menacent son esprit même. Les contraintes ne s’arrêtent pas là : cette Coupe du monde s’annonce comme la plus chère de l’histoire. Les billets coûtent jusqu’à trois fois plus cher que lors de la précédente compétition, au Qatar en 2022, déjà controversée pour ses tarifs exorbitants. Au-delà des billets, le logement et les transports flambent : un aller-retour entre le centre de Boston et le stade de Foxborough pourrait coûter près de 80 $, soit dix fois le prix habituel. Pour beaucoup de supporters, surtout ceux venant de l’étranger ou des milieux populaires, cette Coupe du monde risque de devenir inaccessible. Le message est clair : avant le sport, c’est le business qui prime.
Face aux velléités de Trump d’annexer le Groenland et d’imposer des taxes à de nombreux pays européens, le boycott s’impose dans certains pays comme une évidence. Dans l’article Face aux multiples menaces de Trump, les appels au boycott du Mondial 2026 se multiplient, publié le 21 janvier 2026 par France 24, Stéphanie Trouillard rapporte que des appels au boycott ont été lancés en Allemagne, où 47% de la population serait favorable à un boycott en cas d’annexion effective du Groenland. Aux Pays-Bas, une pétition a déjà recueilli près de 100 000 signatures. Pourtant, aucune nation n’a encore annoncé de boycott officiel. La France, par exemple, affirme par la voix de sa ministre des Sports que le boycott n’est « pas d’actualité ». Les gouvernements hésitent entre solidarité populaire et réalisme diplomatique, le choix n’est pas simple.
En somme, le président américain et son imprévisibilité planent comme une menace au-dessus de la Coupe du monde 2026. À la veille de cet événement grandement attendu, il est crucial de rappeler que le sport ne devrait jamais être mêlé à la politique. Quand la politique s’invite sur le terrain, quand les visas sont bloqués, quand les prix explosent, quand les cérémonies deviennent des cultes de la personnalité, c’est le jeu lui-même qui en devient indigne. La Coupe du monde 2026 risque ainsi de rester dans les mémoires non pas pour ses buts, ses exploits ou ses émotions, mais pour avoir été le théâtre d’un monde de l’indécence.
