Le film « Novembre » : miroir glaçant d’une semaine d’horreur

Réalisé par Cédric Jimenez (Bac Nord), « Novembre », est sorti en salle début octobre, 7 ans après les attentats. Ce film traite de la vie d’une brigade anti-terrorisme parisienne face à l’horreur du bataclan. Séance émotion.

Partageant l’affiche avec Lyna Khoudri, Jean Dujardin incarne Fred, le chef de la brigade anti-terroriste française, sens dessus dessous suite aux attentats du Bataclan.

Vendredi 13 Novembre 2015, Paris vibre comme chaque début de week-end au rythme de concerts et de matchs de foot. Mais à 21h20, le sol de la capitale est secoué par autre chose que la musique. Puis de nouveau à 21h25, à 21h30 et 21h32,  des terroristes revendiqués par Daesh tuent 130 personnes, en blessent 354 physiquement et en traumatisent des millions. Pour les français, les attaques sont finies et arrive la période tragiquement calme du deuil. Mais pour la brigade anti-terrorisme de la police, ce n’est que le début d’une course contre la montre.

Fred est chef de la brigade anti-terroriste, et autour de lui gravitent les histoires et crises personnelles des autres personnages. La principale crise personnelle relatée est celle de Samia Khelouf, déchirée entre son devoir de citoyenne et celui d’amie, car sa colocataire s’avère être complice de l’attentat. Le film relate également avec brio la douleur du poids de la responsabilité qui plane sur les épaules des agents, qui doivent garder la tête froide dans une situation compliquée, pour arrêter les coupables. Le long-métrage est donc surtout une peinture de la tentative de faire taire ses émotions comme le deuil ou l’effroi, afin de les utiliser au service de la justice.

Le film est aussi instructif que artistique, avec un casting talentueux. Cela permet au spectateur d’immerger complètement dans ces sept jours d’horreur, dédiés à trouver et tuer Abdelhamid Abaaoud, auteur de la tuerie. Le spectateur découvre ainsi à ses risques et périls l’oppression sous laquelle étaient et sont toujours ces hommes et femmes, qui tentent d’enfermer les ennemis numéro 1 de la nation. Un film dur mais important, qui met en lumière une facette des attentats trop souvent dans l’ombre.

Photographie : Louise B