Visite de la Cour de Justice de l’Union Européenne

Les élèves de première en spécialité HGGSP ont visité le jeudi 12 mai la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) au Kirchberg.

Les élèves de la spécialité Géopolitique dans la Grande chambre de la CJUE

Arnaud Bohler, attaché au greffier, a présenté aux lycéens les enjeux de la Cour de Justice formée de deux juridictions : la Cour et le Tribunal. Cette institution assure le respect du droit de l’UE dans son interprétation et son application. La Cour est sollicitée lorsque le juge d’une juridiction quelconque a un doute à propos d’une affaire auquel cas les juges de la CJUE vont réétudier la situation et émettre leur jugement. Leurs principales valeurs sont l’indépendance et l’impartialité envers les 500 millions habitants de l’UE. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette institution européenne est la seule à ne pas avoir hissé le drapeau de l’Ukraine au début de la guerre en février 2022. Cette institution fête aujourd’hui ses 70 ans puisqu’elle a été créée en même temps que la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) qui a été fondée en 1952 par les six États fondateurs : la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, la France, l’Italie et l’Allemagne.

Les symboles de la Cour sont : un livre pour le droit, un glaive pour le juge qui tranche entre les parties et une balance pour les départager.

Le principal bâtiment de la Cour de justice de l’Union européenne

Dominique Maréchal, interprète à la Cour, en fonction depuis 2008, leur a expliqué l’importance du multilinguisme. Les recours devant la Cour peuvent être formés dans l’une des 24 langues officielles de l’Union ,ce qui recouvre en tout 552 combinaisons linguistiques différentes. Les métiers d’interprète et de traducteur ont donc un rôle majeur dans cette institution pour une bonne communication entre les Etats et les diverses parties. Les interprètes traduisent une langue en une autre à l’oral tandis que les traducteurs le font à l’écrit. Les interprètes, eux, sont non seulement mobilisés lors d’audiences dans des cabines pour traduire en simultané mais ils ont aussi tout un travail en amont afin de préparer leur dossier ; leur formation est permanente afin de toujours progresser.

Puis, les élèves ont eu le droit à une visite guidée des locaux. Après un débat sur le caractère sobre ou luxueux à donner à la Cour, l’architecte Dominique Perrault a finalement décidé d’allier les deux. On retrouve le souvenir du passé sidérurgique avec l’omniprésence d’acier dans le bâtiment et les luminaires inspirés de ceux qui se trouvaient dans les mines luxembourgeoises. Cet aspect contraste avec le gigantesque chandelier à l’entrée, des décorations, des tissus et des meubles dorés ainsi qu’un bois noble qui rendent la Cour chaleureuse et qui reflètent son prestige.

Pour finir, le juge Jean Claude Bonichot, nommé en 2006 par Jacques Chirac, leur a présenté son métier et les fonctions de la Cour de Justice. Afin d’illustrer ses propos, il a cité des affaires dans lesquelles il a dû émettre un jugement. Il s’est chargé, par exemple, de l’affaire entre la Pologne et la Hongrie à propos de la mine polonaise, conflit à l’origine de manifestations au Kirchberg au moment du jugement. Il s’est aussi occupé des problèmes de pollution de l’air en région parisienne.

Les audiences à la Cour de Justice de l’Union Européenne sont ouvertes au public le mardi et sont également disponibles en ligne sur le site : Curia.europa.eu