Maizières-lès-Brienne, symbole de cette France oubliée mais existante 

Retour de séjour chez mes grands-parents à Maizières-lès-Brienne un petit village de l’Aube, dans le Grand-Est, qui est un symbole de cette France rurale peu représentée et délaissée.

Maizières-lès-Brienne est une commune rurale petite par sa taille mais aussi, par son nombre d’habitant, comme le traduit sa densité faible de 17 habitants au kilomètre carrés, sa population totale de 162 habitants, qui est en baisse et sa superficie de 9,5 kilomètres carrés. Le village se situe dans le canton et l’aire d’attraction de Brienne-le-Château et, dans l’arrondissement de Bar-sur-Aube, qui sont les villes qui lui sont les plus proches

Le village est caractéristique de son habitat ancien et vieillissant et des contrastes frappants entre les différentes maisons. Il est composé de maisons accueillantes, avec des jardins en bon état à leur entrée mais aussi, d’habitations, dont certaines habitées, paraissant à l’abandon. Leurs façades sont ternes auxquelles et les jardins vides où règne un silence pesant.

Les habitations ne sont pas les seules – du moins en partie – à être délaissées. Les entreprises le sont aussi. Pourtant, elles employaient une partie de la population il y a de cela quelques décennies. C’est le cas de la choucrouterie Gillot, par exemple, qui était un vivier d’emploi et de revenus pour la commune, avant son arrêt définitif. Elle ne ressemble aujourd’hui plus à rien. Le lieu est véritablement abandonné. La façade est sale. A son entrée, de grandes mauvaises herbes et des arbres se sont installés. L’ancienne épicerie du village Aux Quatre Saisons paraît aujourd’hui désaffectée. L’enseigne de la maison est toujours écrit sur la façade orange de celle-ci mais elle n’est plus en activité. A travers cela, Maizières-lès-Brienne porte la marque de la désindustrialisation et de concentration des emplois au coeur des grandes villes depuis la fin des Trente Glorieuses. 

Photographie de la choucrouterie Gillot, Nathan B.

Ce manque d’attractivité se traduit par l’absence totale d’entretien des lieux de loisirs sportifs. En arrivant depuis la route départementale, on pourrait présager que le village offre un minimum de loisirs à ses habitants en voyant le terrain de football, les vestiaires et le terrain de tennis. Mais il n’en n’est rien. Le terrain de football n’est plus qu’un vaste jardin de cent mètres de long de grandes herbes. Il n’est même plus délimité, comme auparavant, par les lignes de peintures blanches et les buts ne sont plus que des poteaux et des barres transversales dont on a ôté les filets. Le terrain de tennis ne paraît guère abandonnée. Il est, en revanche inaccessible, tout comme les vestiaires.

Malgré l’existence d’une école primaire qui a été modernisée, de nombreux services essentiels tels que les transports en commun sont inexistants. Cela est bien illustré par l’ arrêts de bus abandonné où il ne se trouve plus aucune indication des lignes de bus. Il y a quelques mois, le bus passait encore bien que très peu de fois pour aller jusqu’aux villes du département tels que Brienne, Troyes ou Barre-sur-Aube mais aujourd’hui, plus aucun bus ne passe dans le village hormis les bus scolaires. Cela crée un véritable paradoxe. Alors qu’est prôné un monde de plus en plus interconnecté, sobre et écologique, les habitants sont obligés malgré leur vieil âge pour l’immense majorité, et leur mobilité réduite pour certains, de se déplacer en voiture personnelle pour accéder à différents services et faire tout simplement leurs courses.

On peut de fait se demander quel est l’avenir du village quand celui-ci est habité pour son immense majorité par des retraités. Le village perd en habitants. Rares sont les jeunes actifs qui ont envie de s’y installer en raison du manque d’attractivité. Le faible coût de l’immobilier ne le rend pas davantage attirant en raison de son isolement. Se pose alors la question de la mise en place de politiques qui renforcent l’attractivité du territoire et de l’aménagement de ce territoire en perdition, notamment démographique, caractéristique, encore aujourd’hui de nombreux villages français.