Dimanche 8 mars 2026 a eu lieu la journée internationale des droits des femmes. À Luxembourg, plus de 5000 manifestant.e.s se sont réuni.e.s pour l’annuelle marche féministe, grève des femmes ou Fraestreik, débutant Place de Paris à 14 heures. La manifestation s’est terminée Place Guillaume avec un concert animé par un orchestre féministe, une première. À l’heure d’un recul massif des droits des femmes, cette manifestation se voulait être un symbole d’espoir. Reportage.
À nouveau, le slogan « Solidarité avec les femmes du monde entier » peut être entendu parmi les manifestant.e.s. Cette année, certains groupes soutiennent particulièrement la cause des femmes Iraniennes ou Palestiniennes détenues en temps de guerre. La plateforme JIF (Journée internationale des femmes) qui organise comme chaque année la manifestation, a choisi de placer « La santé comme droit pas comme privilège » au centre de ses revendications.
Milena Steinmetzer, secrétaire centrale du département des femmes du syndicat luxembourgeois OGBL, explique ce choix par le fait que « la santé touche tous les aspects de la vie. ». Elle ajoute que « si on parle de santé, on parle de prévention, de prise en charge de victimes, et de recherche. La recherche sur les médicaments doit aussi être faite sur le corps féminin et il faut dépister les problèmes de santé qui touchent plus les femmes, et mettre plus d’argent dedans. »






Selon elle, « la prévention est aussi très vaste. Il y a la prévention contre les violences, la prévention dans le monde du travail, et la prévention contre la précarité. Si on est plus précaire, notamment en tant que femme, on aura un moins bon accès à la santé que si on a plus d’argent. Ce sont des faits. Une revendication majeure est l’augmentation du salaire minimum et l’augmentation de la pension minimale qui touchera beaucoup de femmes et qui va aider contre la précarité des femmes, et donc aider la santé des femmes. »
D’après Milena, « le sujet de la santé englobe également l’accès à l’IVG et les violences gynécologiques et obstétricales, qui doivent être prises en charge. ». En effet, l’entrée du droit à l’IVG dans la Constitution luxembourgeoise est une revendication centrale cette année.

Milena évoque aussi la santé mentale: « De nouveaux chiffres de la Chambre des salariés montrent que les femmes sont plus touchées par un risque élevé de burn-out au travail. Il faut prendre cela en considération pour trouver des solutions et faire plus de prévention, mais aussi mieux prendre en charge les personnes touchées. »
L’intégralité des revendications de la plateforme JIF, en partenariat avec plusieurs partis politiques, médias et associations luxembourgeois, est accessible sur leur site: https://fraestreik.lu/revendications-2026-2/.
Les pancartes portaient des messages particulièrement variés. Certaines évoquaient la guerre, d’autres la montée de courants comme le masculinisme, et d’autres la nécessité de réformer l’éducation pour qu’elle soit plus juste et égalitaire sans perpétrer de stéréotypes genrés. Cette diversité dans les revendications illustre également l’importance de chaque cause, sans hiérarchie, ainsi que la diversité du mouvement féministe représentée par cette marche.
À propos de la marche, Milena conclut : « Comme tous les ans, le 8 mars est à la fois un jour symbolique, parce qu’on montre tous ensemble qu’on va dans la rue pour nos droits et pour une meilleure vie, mais en même temps, il n’est pas le seul jour de lutte. » Faisant allusion au nombre record de manifestant.e.s cette année, elle ajoute que « c’est très bien qu’à nouveau, cette année, il y ait beaucoup de monde dans les rues, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des enfants, qui se rassemblent tous pour les droits des femmes. »
Place Guillaume, l’après-midi s’est conclue avec le discours de revendications et un concert de l’orchestre féministe constitué cette année pour l’événement. Accompagné de trois chanteuses, l’orchestre a interprété des chansons dont Respect d’Aretha Franklin et Let’s get loud de Jennifer Lopez. Malgré une année difficile et incertaine pour les droits des femmes et des minorités de genre, l’ambiance était à la convivialité.
La marche féministe de cette année à révélé une urgence particulière chez les manifestant.e.s à se battre pour des droits qui ne sont pas garantis et qui reculent de plus en plus si l’on en croit les alertes de nombreuses associations internationales de lutte pour les droits humains.
Valentina V.
Photographies: Valentina V.










