Dans le monde fortement médiatisé dans lequel nous vivons aujourd’hui, une question essentielle se pose pour les politiques : doivent-ils toujours exposer la vérité, même lorsque celle-ci les rend vulnérables aux critiques de l’opposition ? Ou doivent-ils cacher la vérité et mentir, au risque de perdre la confiance des électeurs ?
L’honnêteté ou la mise en danger
Les discours violents et agressifs des responsables politiques suscitent souvent des critiques. Peu à peu, cela finit par décevoir les citoyens, qui attendent de leurs représentants davantage de justice, de sincérité et de vérité dans leurs paroles. Il est vrai que reconnaître et accepter ses erreurs serait plus honorable et plus humain. Mais ce type de discours comporte aussi des limites : ces arguments peuvent être utilisés par l’opposition politique pour discréditer un responsable ou le placer en position de faiblesse. Pourtant, c’est précisément l’honnêteté et la transparence qui renforcent la confiance à long terme. Même si ces aveux peuvent donner des armes à l’opposition, ils montrent un engagement réel envers les citoyens et une volonté de responsabilité. L’équilibre est délicat : il s’agit de parler avec franchise tout en mesurant les conséquences politiques, mais refuser cette honnêteté par peur de l’opposition risque de creuser le fossé entre élus et citoyens.
Mentir : un rôle à tenir
Être politicien n’est pas seulement servir les citoyens, c’est aussi jouer un rôle et se battre pour conserver sa place. L’exercice du pouvoir passe par l’appartenance à un groupe politique auquel il faut s’adapter. Lors d’un discours, le politicien doit faire attention à rester fidèle à son parti, car il risque dans certains cas de perdre en crédibilité, aussi bien auprès de celui-ci que des électeurs que de ses partisans. Certaines personnalités choisissent donc d’utiliser la « langue de bois » ou de se montrer vexées plutôt que de reconnaître leurs erreurs. On peut l’observer dans l’interview sur France 3 en mars 2025 de Jean-Luc Mélenchon au sujet d’une affiche1, représentant présentateur télévisé juif Cyril Hanouna, jugée antisémite par l’opinion publique à cause de la représentation de Cyril Hanouna, animateur de télévision de confession juive.
Pourquoi vous me posez cette question ? De quel droit ? Qui vous êtes ? Vous m’accusez. Alors taisez-vous !
— Jean Luc Mélenchon

Ici, Monsieur Mélenchon a répondu à la question de manière violente, en se montrant vexé. Jean-Luc Mélenchon est resté loyal à son parti et a joué la carte de l’indignation au lieu d’admettre une possible erreur, ce qui aurait pourtant pu être le cas. Il préserve son intégrité ainsi que celle de son parti au détriment des attentes des français. Divers responsables LFI ont admis une «erreur» ou une «maladresse», reconnaissant que l’image avait été générée par l’intelligence artificielle, et particulièrement le logiciel Grok, développé par la société XAI du milliardaire américain Elon Musk. Un choix contraire aux règles internes des Insoumis, qui s’interdisent de recourir à ces logiciels.
Je ne peux pas publier mes déclarations d’impôts, elles sont sous audit. Dès que l’audit sera fini, je les publierai.
— Donald Trump

La mauvaise foi souvent attribuée à Donald Trump repose sur sa capacité à nier des faits documentés ou à se contredire avec une assurance totale, une technique parfois qualifiée de « vérité de l’instant ». Qu’il s’agisse de renier son implication dans des programmes politiques comme le Projet 2025 une fois ses décrets signés, ou d’affirmer que les taxes douanières ne coûtent rien aux Américains malgré les hausses de prix, il utilise le flou factuel comme une arme de communication. Cette stratégie lui permet de balayer les critiques en les qualifiant de « Fake News », transformant chaque contradiction en un outil politique pour souder sa base électorale autour de sa propre version de la réalité.
Le populisme, un atout dangereux
L’un des points les plus important dans la politique est le soutien des électeurs. Certains politiciens sont par moment dans l’obligation de mentir pour rester fidèle à son parti et sa position. Ces techniques sont d’autant plus flagrante lors à l’approche des élections présidentielles.
Non. (la colonisation n’est pas un crime)
— Edouard Philippe, ancien premier ministre sous Emmanuel Macron.
Tenir ce genre de propos demande une force morale extrême. En réalité, deux interprétations s’offrent à nous : cela pourrait être une main tendue très claire vers l’électorat de droite. Pour lui, l’enjeu serait simple : séduire ces électeurs coûte que coûte, quitte à faire passer l’ambition électorale avant ses propres convictions. Cette manœuvre, bien que risquée, n’est pas le fruit du hasard. En choisissant de s’adresser si directement au cœur de la droite, Édouard Philippe tenterait de verrouiller un espace politique de plus en plus disputé. En 2017, pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré depuis l’Algérie que la colonisation était un «crime contre l’humanité». Cette déclaration avait suscité une vive polémique, notamment à droite. Édouard Philippe, issu de la droite modérée (LR), n’a jamais utilisé ces termes de son propre chef. C’est une tactique très risquée. On pourrait aussi penser, à l’inverse, que Édouard Philippe pense réellement que la colonisation n’est pas un crime. Et il est vrai qu’il est souvent difficile de faire la part des chose lorsque ces discours font polémiques. Surtout lorsque l’une des personnalités les plus influentes en politique répond aussi catégoriquement sur ce genre de sujet.
À l’étranger
Aujourd‘hui à l‘ère des « fake news » et des « deepfake », les mensonges en politiques deviennent omniprésents quelle que soit la raison. Le 2 juillet 2024, le pays de Galles a choisi de rendre le mensonge illégale dans le débat politique2, qui entre en vigueur avant les élections 2026. Cet engagement « historique »
,dans le but de lutter contre « la menace existentielle »
le mensonge, est très bénéfique sur la confiance des électeurs et sur la démocratie, a estimé Adam Price, le chef du parti de gauche Plaid Cymru. Bien que cette réforme est une avancée majeure dans la stabilité et la prospérité du pays de Galles, l’utilisation du mensonge modéré n’est il pas nécessaire dans ce domaine ? La ligne entre le mensonge et la mauvaise foi est très fine et sont, d’ailleurs, très facilement confondus.
Image mis en avant : https://www.flickr.com/photos/partisocialiste/352837920
