La rivalité sino-américaine pour le contrôle des terres rares

Depuis avril 2025 les terres rares sont au cœur des tensions entre la Chine et les États-Unis. Retour de la presse sur cet enjeu majeur de l’actualité économique et géopolitique.

Les terres rares regroupent une classe du tableau périodique de Mendeleïev, les atomes 57 à 71, qui rassemble 17 métaux doter de propriétés physiques et magnétiques indispensables. Utilisés dans les batteries, les smartphones, les ordinateurs, les véhicules électriques et les équipements militaires, ces terres sont essentielles à la transition énergétique et aux technologies stratégiques.

https://www.publicdomainpictures.net/fr/view-image.php?image=263772&picture=amerique-chine-commerce

Dans Les Echos, le journaliste Etienne Goetz souligne, dans son article « La Chine débloque partiellement ses exportations de terres rares? », publié le 12 juin 2025, que la Chine a décidé de débloquer partiellement ses exportations de terres rares, « un geste stratégique envoyé aux États-Unis après plusieurs semaines de tensions commerciales ». Cette décision intervient alors que la Chine contrôle 60 % du minerai et 90 % du raffinage mondial de ces métaux, qui sont essentiels pour l’industrie automobile et la défense. Selon Etienne Goetz, « certaines lignes de production américaines et européennes avaient dû s’arrêter faute de matériaux », illustrant la dépendance des puissances occidentales à l’égard de Pékin. La situation montre que, derrière ce conflit commercial, la Chine utilise les terres rares comme un avantage politique et économique de premier plan

Mais, dans le Figaro du 25 juillet 2025, le journaliste Sébastien Falletti explique que le conflit sino-américain autour des terres rares ne montre pas une domination totale de la Chine mais plutôt une stratégie de pression dans le contexte de la guerre commerciale relancée par Donald Trump. La Chine utilise ces ressources comme un moyen de négociation, mais elle reste dépendante des marchés occidentaux pour écouler sa production industrielle. Le journaliste souligne que « les Européens représentent le ventre mou », ce qui montre que Pékin ne peut pas se permettre de rompre totalement avec l’Occident. Il précise aussi qu’ « en substance, la priorité est la négociation avec Trump, on verra avec l’Europe ensuite ». Le conflit sur les terres rares révèle donc un rapport de force instable, sans qu’un État ne soit en position de force absolue.

Dans Atlantico, les auteurs Jean-Pierre Corniou et Pierre Bentata dans leur article «  Terres rares : l’arme fatale de la Chine contre Donald Trump ? » paru le 17 avril 2025, expliquent que la domination chinoise ne repose pas uniquement sur l’extraction, mais surtout sur le quasi-monopole du raffinage, Pékin contrôlant l’ensemble de la chaîne industrielle, « de la mine jusqu’aux produits finis comme les aimants », indispensables aux secteurs de la défense, du numérique et de la transition énergétique. Mais cette situation n’est pas le fruit du hasard : ils souligne que « l’Occident a longtemps externalisé l’exploitation de ces ressources, jugées polluantes et peu rentables », laissant à la Chine le temps de construire méthodiquement son avance stratégique.

Ainsi, la rivalité sino-américaine autour des terres rares illustre un nouveau danger mondial concernant la maîtrise des ressources stratégiques, où la dépendance économique devient une arme géopolitique majeure.

Illustration mise en avant : image générée par IA