Visite à l’Hôtel de Ville de Luxembourg, la capitale du pays

Photographie : Ilian B.

Mardi 5 mars, la rédaction de Aletheia représentée par Ilian, photographe, Paola, rédactrice, et Imrane, le rédacteur en chef a visité l’Hôtel de Ville de Luxembourg Ville, elle était guidée par Maurice Bauer, député luxembourgeois et premier échevin de la Ville de Luxembourg et accompagnée par Angelique Bartolini, conseillère communale pour la Ville de Luxembourg. Découverte du fonctionnement de la commune de Luxembourg Ville, capitale européenne et internationale.

La ville de Luxembourg est l’une des 7 villes étrangères décorées par la République française de la Légion d’honneur. Le 18 juin 1957, le président français, René Coty a remis la Légion d’honneur à la ville. Cette décoration est encore aujourd’hui présente dans l’Hôtel de Ville.

Photographie : Ilian B.

L’hôtel de Ville se situe sur la place Guillaume II dans une bâtisse au style néoclassique. Son histoire commence en 1804 lorsque Napoléon 1er a fait don à la ville des lieux par décret impérial. L’architecte liégeois Julien Étienne Rémont est chargé de l’élaboration des plans de construction de l’Hôtel de ville le 23 novembre 1827. Le chantier commencé le 15 juillet 1830 se terminera véritablement en 1844. La première séance municipale sera tenue le 22 octobre 1838 au sein de l’Hôtel de Ville.

Au sein de chaque commune du Luxembourg existe un organe appelé le Collège échevinal. Dans le cas de Luxembourg Ville, qui est une capitale d’envergure, ce Collège est composé de sept membres : un bourgmestre et six échevins.

Le bourgmestre est le chef de l’exécutif communal, en l’occurrence Lydie Polfer du parti DP (Parti libéral). Le bourgmestre est l’équivalent luxembourgeois du maire français. Il est accompagné des échevins, chacun d’entre eux est responsable de domaines spécifiques de la vie de la ville.

Maurice Bauer est responsable du commerce, du tourisme, du développement urbain, de l’égalité des chances, de l’environnement et du climat. A été attribué à Patrick Goldschmidt la mobilité, les fêtes, les marchés, l’informatique, les biens, la topographie et l’enlèvement et gestion des déchets. Corinne Cahen est responsable de l’action sociale, des personnes âgées, de l’intégration pour personnes à besoins spécifiques, du logement, et de la politique d’intégration. Simone Beissel est en charge des infrastructures, des nouvelles constructions, du sport et des loisirs. Paul Galles s’occupe de l’éducation et de la jeunesse et Laurent Mosar a été nommé aux finances, à l’architecture (nouvelles constructions et maintenance), ainsi qu’à l’espace public.

Lors des dernières élections luxembourgeoises (communales, législatives et européennes) deux partis sortent vainqueurs, à savoir le CSV et le DP (Chrétiens sociaux et Libéraux). Le Collège échevinal supervise l’administration locale de la commune et la mise en œuvre des politiques municipales. Plus concrètement, dans l’Hôtel de Ville chaque échevin dispose d’un bureau pour assurer ses responsabilités.

Au sein de l’organisation de la commune luxembourgeoise, se trouve aussi le Conseil communal qui est chargé de travailler des points comme le vote du budget et des comptes ou l’approbation des projets de construction et des projets d’urbanisme. Vingt-sept conseillers communaux y siègent et sont élus. Les échevins sont aussi des conseillers communaux. Le Conseil Communal siège autant de fois qu’il le faut généralement une fois par mois pour discuter des projets et des politiques municipales. Les propositions sont préparées par le Collège échevinal et soumises au Conseil communal pour approbation. Mais surtout, les conseillers communaux se retrouvent au sein de commissions de travail autour des projets et politiques de la ville.

Photographie : Angelique Bartolini

Dans le cadre d’un régime démocratique, différents partis siègent au sein du Conseil communal. Cruciale pour un débat démocratique, l’opposition est présente et critique de manière constructive les projets proposés par les échevins. Avec l’opposition, les décisions finales sont votées et la majorité actuelle facilite l’adoption des projets proposés par le Collège échevinal face, parfois, à l’intransigeance de l’opposition politique.

Parmi les grandes politiques municipales qui demandent le plus de planification, il y a bien sûr le développement urbain et l’organisation des infrastructures de la ville. Les projets de renouvellement de l’espace urbain sont extrêmement importants : une ville se renouvelle, s’entretient pour rester attractive et pour que le bien-être de la population résidente soit effectif. Les projets de construction sont donc soigneusement planifiés pour équilibrer le développement et la préservation de la qualité de vie. Par exemple, parmi les sujets discutés autour de cette thématique : des quartiers spécifiques peuvent avoir des restrictions de hauteur pour maintenir le caractère résidentiel.

Ces grandes politiques urbaines savent se faire innovantes. Luxembourg Ville est une capitale qui se veut verte. Les parcs sont donc des projets d’envergure, ainsi le tout nouveau parc du Ban de Gasperich qui est le plus grand de la ville (il se situe d’ailleurs en face de notre établissement) avec la plantation d’arbres et la valorisation des zones naturelles.

Un des grands chantiers de la politique de cette capitale européenne est celui des transports publics. La mobilité est un grand champ d’action de la politique de la ville, avec la mise en place d’un réseau très dense de bus, dont beaucoup sont électriques, ainsi que du tramway. Tramway dont la ligne va être agrandie, dans les années qui viennent. L’idée est de désengorger les routes des automobiles, de diminuer la pollution, et ainsi d’avoir une ville plus écologique, moins polluante et moins polluée.

L’Hôtel de Ville est connu de tout un chacun pour un élément très important dans la vie des citoyens : les mariages civils. Il y a au Luxembourg l’obligation de se marier civilement à la Commune (Mairie luxembourgeoise) avant de se marier religieusement. Ceci dans la salle des mariages, lieu symbolique dans l’Hôtel de Ville pour célébrer les unions, prévue pour cet usage. Ces mariages sont très fréquents, il y a près de 600 célébrations de mariages civils annuellement dans la ville de Luxembourg.

Un autre moment très important où le Conseil communal est impliqué de manière moins visible est bien sûr l’enterrement civil. Une autorité officielle de la commune doit être présente lors des cérémonies d’enterrements civils, ceci depuis une loi historique, qui est une tradition luxembourgeoise, depuis 1805.

La commune de Luxembourg-Ville est donc un espace de gestion complexe d’un point de vue municipal, qui est organisée par le Collège Échevinal et le Conseil Communal, présidée par la bourgmestre. Ces conseils mettent en place les politiques urbaines qui sont déterminées par les dynamiques existantes au sein de la ville.