Le 28 novembre 2023, Woman in Business a invité l’actrice, réalisatrice et productrice Julie Gayet. Comme l’événement a eu lieu dans notre établissement, un temps d’échanges avec elle a été accordé à des élèves du primaire et du secondaire. ALETHEIA a pu lui poser des questions sur sa vie, ses projets son engagement et sur son livre « Ensemble on est plus fortes ».

“Dans ma famille, il y a deux choses très importantes, ce sont les études, le fait de s’enrichir intellectuellement, et l’indépendance financière des femmes”.
Pour Julie Gayet, le fait d’être actrice n’a pas toujours été une évidence. Sa famille ne faisait pas du tout partie d’un monde artistique. Ce choix les inquiétait énormément. Son père disait même : “Non seulement les actrices sont folles mais en plus elles sont un peu bêtes ! Sauf les actrices de théâtres.” Hésitant au début sur le métier qu’elle voulait faire, Julie Gayet explique que c’est pendant un spectacle à l’école, qu’elle a eu une révélation sur scène en interprétant un rôle de méchante ! Elle s’est rendue compte que cela lui permettait d’interpréter différents personnages et différents métiers à la fois. Etant plus jeune, Julie Gayet a pris des cours de chants ce qui lui a également permis de comprendre ce qu’elle voulait vraiment : “Quand on chante, on joue à une émotion mais on n’est pas et j’avais vraiment envie d’être”. C’est en découvrant le théâtre, au conservatoire, que l’acting fut une évidence pour elle. Dès l’âge de quinze ans, elle s’est battue notamment contre ses parents pour poursuivre dans cette voie.
Chaque acteur passe au début de sa carrière par ce qui s’appelle “les emplois” ce qui représente les clichés du cinéma : les grandes blondes font les grandes bourgeoises, les petites rondes font les souveraines, etc… Julie Gayet n’a jamais aimé ce genre de cinéma, cela lui a appris à toujours imposer sa façon de faire sur un plateau de tournage, et, à ne pas hésiter à refuser des rôles clichés pour ne pas être étiquetée dans des personnages qui ne lui correspondaient pas.
Agnès Varda, est la femme pionnière du mouvement de “la nouvelle Vague” dans le cinéma français. Cette rencontre majeure a été une des rencontres les plus inspirantes pour Julie Gayet. Elle lui a permis de décrocher son premier grand rôle dans le cinéma dans Les cent et une Nuits d’Agnès Varda en 1995. Elle lui a également donné l’opportunité de se forger une grande partie de sa culture cinématographique. Puis, lui a permis de découvrir la vie d’une femme indépendante et d’acquérir plus de savoir, non pas par de grands discours mais par des actes précis.
Julie Gayet aimerait que la société future soit plus égalitaire, que les droits soient les mêmes pour les femmes et les hommes. Pour elle, il est important de s’assembler pour avancer plus vite. Dans le secteur artistique, il a récemment été demandé à 120 festivals internationaux de donner les chiffres du nombre de femmes qui travaillaient pour eux. Beaucoup ont alors pris conscience qu’aucune femme ne se trouvait dans leur comité de sélection. C’est en faisant des petites actions, pas à pas, que concrètement les choses pourront changer. En tant que partisane de la mixité sociale, il est, selon elle, temps que les femmes agissent ensemble avec les hommes pour qu’il y ait une vraie révolution et que les choses puissent réellement avancer. Il faut faire prendre conscience au monde des différences de traitement des hommes et des femmes puis être plus paritaires. Ainsi le monde deviendrait sûrement déjà plus juste et plus harmonieux.
Julie Gayet, qui n’a pas subi de violences, ni de maladies ou d’accidents dans sa vie, a écrit Ensemble, on est plus fortes. Ce livre, qui partage des témoignages de personnes du quotidien, évoque avant tout les inégalités et violences que subissent les femmes d’abord dans leur entourage puis dans la société. Pourtant plusieurs femmes, dont le portrait est décrit dans ce livre, se sont battues, à leur échelle, pour aider cette moitié de l’humanité qui n’est pas encore traitée à sa juste valeur. Aux lycéennes de prendre connaissance de ces combats pour les continuer, notamment le combat pour l’égalité des salaires, et de s’orienter vers des filières où elles sont moins attendues et où leurs voix sauront se faire entendre pour changer les choses.

